Avertissement : La lecture de ce billet est déconseillée aux âmes sensibles. Pour les estomacs du même type, il suffit de se munir d'un sac plastique. L'auteur décline toute responsabilité en cas de salissure du clavier ou de l'écran.

Ce qui est particulièrement plaisant en vacances, c'est de pouvoir cuisiner des aliments ou ingrédients qu'on ne trouve pas facilement chez soi. Chaque région a ses produits spécifiques qui sont autant de découvertes culinaires et culturelles.

Mais le mieux, c'est encore les récoltes que l'on fait soi-même, au bord des chemins ou dans les pâtures. La citadine que je suis a redécouvert avec ravissement les joies de la campagne. C'est amusant comme tout de ramasser ce qui fera plus tard un excellent repas. Les vacances sont vraiment propices à ces plaisirs simples et délicieux.

La Bourgogne où j'étais donc est un pays de vins, délectables qui plus est. Mais c'est aussi un pays d'eau. Les paysages sont archi-verts, ils regorgent de cours d'eau, d'étangs, escargots et grenouilles font partie de toutes les cartes régionales de restaurant. Et bonjour les draches qu'on y a vues en deux semaines en plein mois d'août ! ("Il drache" qualifie une pluie soutenue, voire très soutenue. L'expression est du Nord mais manifestement le concept a été développé dans d'autres régions françaises).

C'est ainsi que j'ai pu ramasser facilement de quoi cuisiner ce petit ragoût de gastéropodes à la tomate :

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Le temps était vraiment pourri ce jour-là. Cette photo a été prise dans le jardin, à l'abri d'un parapluie. Pas moyen de prendre des photos convenables de la préparation, il faisait vraiment trop sombre à l'intérieur. ( Notre location était une minuscule maison en murs de pierre hyper-épais, éclairée au rez-de-chaussée juste par la porte vitrée et une fenêtre de 30x30 cm, c'est tout !) .

Vous pensez peut-être qu'il s'agit là d'escargots de Bourgogne. Et bien, non. Je n'en ai vus que 2 ou 3 qui se battaient en duel. Ce plat a été préparé avec amour et avec ces bestioles qu'on voyait partout, le matin et le soir, à la fraîche. Il en trainaît des quantités industrielles. Dès qu'on sortait, dans le jardin, les chemins, il fallait faire attention où on marchait.

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Le pire, c'était sur les routes :

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Il y en avait tellement que j'ai eu l'idée de les cuisiner. Ma foi, ce sont des gastéropodes comme les escargots, il n'y a pas de raison que ce soit plus mauvais à manger, non ? Jadis, j'ai préparé une fois des escargots vivants. J'ai donc suivi la même méthode.

En moins d'un quart d'heure, j'en ai ramassé plusieurs dizaines que j'ai mis dans une caisse en bois trouvée à la cave. Un petit jeûn de 3 jours pour éliminer les toxines éventuelles. Puis, passage dans une grande casserole d'eau bouillante. Et ça bavait, et ça bavait, à qui mieux mieux. Trois passages ont été nécessaires pour éliminer toute cette bave. La différence avec les escargots, c'est que la bave était d'un ton orangé vraiment joli. On aurait dit de gros nuages accompagnant un coucher de soleil. Là, ils accompagnaient une fin de vie avec poésie.

Après maints rinçage, j'ai fait cuire longuement les bestioles dans un court-bouillon préparé avec les moyens du bord : queues de persil, feuilles vertes de poireau, oignon, menthe sauvage, une carotte et du vinaigre. Il ne restait plus qu'à les débiter en morceaux à réchauffer dans une sauce tomate.

Vous vous en doutez, c'est plutôt une recette à faire quand on a du temps à perdre. Le résultat ne vaut pas vraiment la durée de la préparation. Car ces bestioles se révèlent un peu fadasses, légèrement caoutchouteuses, mais bien moins que des calamars par exemple.

C'était juste une expérience, un souvenir de vacances amusant...