31 décembre 2008
Soupe au lait et au pain
Quand on est dans la panade, rien de tel qu'une soupe au pain rassis. Une recette économique et facile pour un plat qui réchauffe, c'est parfois utile... En plus, si elle est bien faite, on s'en régale.
Quelques quignons de pain dans une casserole de lait, dilué avec de l'eau si c'est vraiment la dèche, que l'on met à chauffer à feu doux. J'y ai ajouté des feuilles de sauge du jardin, des gousses d'ail écrasées et de la cardamone (toujours veiller à faire le plein d'aromates et d'épices quand les finances l'autorisent, ça permet d'améliorer sensiblement l'ordinaire durant les périodes de vaches maigres et, par voie de conséquence, le moral). Une petite demi-heure à couvert et le festin de pauvresse est prêt.
Les lois de la physique (à moins que ce ne fussent celles de la chimie ?) font que les morceaux de pain prennent lors de cette cuisson au lait une consistance moelleuse et gélatineuse. On ne dirait plus du tout qu'il s'agit de pain. Et avec les parfums qui s'en dégagent, cette banale soupe au lait est, mine de rien, un plat bien savoureux pour bien moins de quat'sous...
30 décembre 2008
Tajine de poulet au curry vert
Si je ne m'abuse, la cuisine marocaine n'use guère de curry vert ni la Thaïlande de tajine. Qu'à cela ne tienne, le docteur Mabuse de la pâte de curry vert a encore frappé. Vêtu de sa grande bouse blanche et muni de ses menottes pour mater les récalcitrants, il a mijoté dans son laboratoire ce ...
Tajine de poulet à la pâte de curry vert
Sans état d'âme (mais le docteur Mabuse a-t-il une âme ?), je jette les morceaux de poulet dans l'huile bouillante, après lui avoir arraché la peau évidemment. La chair de l'animal crépite sous la morsure de la chaleur intense. Ah, quelle douce musique à mes oreilles...
Pour que cette séance de torture satisfasse tous mes sens, j'ajoute une bonne cuillerée de pâte de curry vert. Aromates et épices exhalent alors tous leurs parfums sous le fouet de la chaleur. Mes narines en frémissent de désir.
Pour faire patienter mes envies, je sors mon grand couteau et débite rageusement quelques carottes et oignons. Un oignon trop juteux glisse entre mes doigts, la lame dérape et m'entaille le pouce. Zut, ça saigne ! Que m'importe, quelques gouttes de sang ne donneront que plus de saveur à mon oeuvre.
Les légumes rejoignent le poulet dans la sauteuse. Je mélange pour enduire toutes mes victimes du feu de la pâte de curry. Puis, je me lasse. Un peu d'eau, un couvercle pour ne plus entendre ces gémissements pathétiques et je laisse cette misérable engeance sur une faible flamme.
Une heure ou plus (le temps passe si vite en douce compagnie...) avec mon livre de chevet adoré, La philosophie dans le boudoir, et voilà le docteur Mabuse de la pâte de curry vert toute requinqué. Comme cette histoire se passe dans le nord de la France, ce sont des petites pommes de terre qui s'en vont alors enrichir le plat.
Vingt minutes plus tard, affamée, je peux enfin passer à table et déguster le fruit de mon expérience. Mais qui a dit que la violence ne faisait que détruire ? Ce tajine de poulet à la pâte de curry vert est la succulente preuve du contraire.
Et franchement, rien de tel qu'un plat bien épicé et pimenté pour mieux supporter les rigueurs de l'hiver. Parce que le ciel bleu, c'est bien beau mais c'est glacial en cette fin décembre !
29 décembre 2008
Haricots blancs à la bretonne et vieux grimoire
Cete recette est tirée d'un de mes livres de cuisine. Il est plus récent que ceux que je vous ai déjà présentés, 1955, mais comme il est tout de même plus vieux que moi (et je n'ai plus 20 ans depuis longtemps...), je peux le qualifier de vieux grimoire.
Haricots blancs à la bretonne :
C'est une recette à base de haricots déjà cuits. Elle est donc bien pratique pour utiliser un petit reste ou pour donner un air de fait-maison à une boîte de conserve de haricots blancs.
Perso, j'ai pris une boîte de haricots blancs au naturel. Dans un peu d'huile d'olive, j'ai fait fondre un oignon à feu doux puis j'ai ajouté quelques gousses d'ail écrasées, une bonne cuillerée à soupe de concentré de tomate, un peu de céleri en poudre et beaucoup de poivre. Après 5 mn, j'y ai joint les haricots blancs rincés et égouttés.
Bien sûr, il existe déjà des haricots blancs en boîte à la tomates mais la saveur en est nettement plus chimique, je peux vous le dire.
28 décembre 2008
Soupe d'endives au Maroilles
Le bonheur, c'est simple comme une tranche de Maroilles fondue dans un velouté d'endives rehaussé d'une pincée de noix de coco...
Eh oui, le bonheur, c'est pas compliqué : un demi litre de lait mis à chauffer avec deux petites pommes de terre en morceaux et trois belles endives émincées. Comme l'endive est assez aqueuse, le lait ne doit pas recouvrir l'ensemble des légumes :
Vingt minutes de cuisson douce, un coup de mixeur et on remet à feu doux avec quelques morceaux de Maroilles. On touille, on touille jusqu'à ce que fondouillement s'ensuive. Une volée de poivre blanc moulu, une cuillerée de noix de coco râpée et nul besoin d'épice surnuméraire qui risquerait de masquer les saveurs présentes.
Ces endives cuites au lait perdent totalement leur amertume, le Maroilles apporte une onctuosité incroyable à ce velouté et un goût divin.
Vous, les malchanceux qui vivaient loin de l'odeur si prégnante du Maroilles, remplacez-le donc par un fromage de caractère tel le munster, un bleu ou un chèvre bien fait. Bon, ce ne sera plus l'extase évidemment mais votre velouté d'endives ne devrait pas être alors trop décevant.
27 décembre 2008
Speculoos et crème dessert
Une crème dessert industrielle gélatinée et gélatineuse, c'est un peu triste à manger à la petite cuiller, directement dans le pot. J'aime parfois leur associer de grosses miettes de speculoos pour leur côté croquant sous la dent. Ou alors :
Petit gâteau de crème aux speculoos
Un petit ramequin rectangulaire individuel tapissé de film plastique pour un démoulage facile. Deux speculoos imbibés de café fort au fond de ce mini-moule, une couche de crème et on recommence... Une ou deux heures au réfrigérateur, on démoule délicatement et on se régale de cette douceur qui prend des allures de dessert fait maison et surtout, les parfums si chaleureux du speculoos.
Evidemment, vous pouvez opter pour la version plus simple et rapide sans démoulage, directement dégustée dans une coupe individuelle ou une verrine.
26 décembre 2008
Boulettes de poulet
Pour remplir les assiettes avec une faible quantité de viande, rien de tel que les boulettes. Et avec du poulet, elles sont tendres et moelleuses à souhait.
Boulettes de poulet à l'estragon
Ingrédients : 350g de chair de poulet crue - 2 oeufs - 50g de chapelure - 20g de farine - estragon
Hachez le poulet puis incorporez-y les autres ingrédients. Je trouve que l'estragon se marie bien avec le poulet mais cette recette peut se faire avec une autre herbe (basilic, marjolaine...) ou des épices (cumin, carvi, gingembre...). Formez des boulettes avec vos mains ou, moins salissant, à l'aide de deux petites cuillères.
Pour la cuisson, plusieurs solutions s'offrent à vous. La friture à l'huile, trop gras à mon goût. Le bain dans un bouillon, léger mais aquatique. La cuisson directement dans une sauce tomate ou autre.
Perso, je fais un mix des deux dernières méthodes. Je prépare une casserole d'eau frémissante avec un bouillon cube et une sauce tomate qui mijote à côté dans une sauteuse (cette fois-ci, j'ai pris plus simplement une ratatouille en conserve). Je modèle mes boulettes de poulet avec deux petites cuillers et les fait tomber directement dans le bouillon. Elles remontent assez vite à la surface, je les y laisse 2 ou 3 mn, les repêche au fur et à mesure pour les plonger dans la sauce tomate.
Cette manière de faire permet de saisir les boulettes qui ne se défont alors pas et la fin de cuisson dans la sauce les parfume et les rend encore plus moelleuses.
25 décembre 2008
Soupe de réparation hivernale
Une petite soupe légère et vite faite, rien de tel pour oublier les excès de table, de boisson ou de misanthropie. Je vous en avais déjà présenté une version estivale, voici la...
Soupe de réparation hivernale
Un bouillon cube dans de l'eau bouillante, un chouïa de concentré de tomate, des pâtes à cuisson rapide et, avant de servir, quelques feuilles ciselées de frisée ou autre salade de saison, une volée de persil et un nuage de poivre. Une recette toute simple pour se revigorer le corps et le moral.
24 décembre 2008
J'aime pas Noël
Si l'esprit de Noël vous habite, surtout ne lisez pas ce billet. Fermez cette page et reprenez le cours normal de votre vie.
L'esprit de Noël ne m'habite pas. Le reste de l'année, j'arrive tant bien que mal à composer avec mon penchant naturel pour la misanthropie. Mais pendant cette période de "fête", tous mes barrages cèdent. Cette frénésie, toute cette gaité si souvent factice, c'en est trop pour moi.
Je songe alors à ce qu'est l'humanité, un ramassis d'abrutis et moi la première. L'homme a en lui la capacité de créer un monde qui ressemble à quelque chose. Mais non, tout ce qu'il fait est soit lamentable, soit dérisoire et je mets au défi quiconque de trouver un contre-exemple. Nous sommes pitoyables !
Ce soir, j'ai choisi de rester seule. Je boirai un bouillon et irai me coucher tôt. C'est un choix de ma part parce que j'ai la chance d'avoir ce choix. Contrairement à - allez, soyons optimistes - disons 90 % des hommes qui ne vivent pas et ne font que survivre dans ce mode pourri. Et ce n'est pas près de changer.
Ce n'est pas un sens à la vie qui me manque. Si tel était le cas, je me trouverais un dieu à suivre, Jésus, Allah, Le Pen ou Besancenot, les candidats ne manquent pas... La vie a un sens, c'est un sens unique qui conduit droit à la mort et puis c'est tout. Tout le reste n'est qu'illusion et conditionnement.
Vu de l'extérieur, ce discours inepte peut passer pour un coup de déprime avec au bout la solution de la corde et du tabouret chancelant. Pfff, à quoi cela servirait-il ? Il n'y aurait qu'une abrutie en moins et ça ne changerait en rien cet état des lieux consternant.
La vie continuera. Elle continue toujours. Malgré tout....
Enfin, bref, ne comptez pas sur moi pour vous souhaiter quoique ce soit en cette fin d'année. Et vous seriez sympa de me rendre la pareille. Merci d'avance. (Eh ben, belle preuve d'humilité que de penser que des gens auront lu ce billet affligeant jusqu'à son terme ! T'es vraiment qu'une pôv fille, la pauvresse, à faire ainsi ta malheureuse.)
23 décembre 2008
Avec les restes d'une volaille de fête
Repas de Noël pas cher - Episode 23
Les restes de la dinde de Noël (ou l'oie, le chapon, la pintade ...), quelques restes de légumes déjà cuits et une boîte de gésiers de volaille à la graisse de canard, voilà de quoi se mijoter une...
Terrine de restes de réveillon
Chez moi, c'était tout simplement des morceaux de poulet, des choux de Bruxelles, des topinambours provenant du bio-cabas d'un bobo qui ne savait qu'en faire (la pauvresse mange à tous les rateliers...). J'ai réuni tout ce beau monde dans un plat de terre avec les gésiers découpés, un oignon fondu à la casserole dans un peu de graisse. On parsème de noix de graisse de canard, on couvre et c'est parti pour 40mn au four à 180°C.
On peut remplacer restes de volaille et gésiers par du confit de canard. Et je l'ai déjà fait aussi avec un chou vert émincé en fines lamelles préalablement blanchies 10 mn à l'eau bouillante (et bien égouttées...).
Les légumes et la viande confits ensemble dans la graisse de canard sont une merveille. C'est un plat qui réchauffe, régale et réconforte. Qui pensait que la cuisine de restes est triste ?
Un dernier mot sur les topinambours : Ces légumes tortueux et vicieux à éplucher, à la saveur fade et quelconque ne présentent aucun intérêt à mes yeux, euh, à mon ventre de gourmande. Mais là, dans ce mélange de légumes, je les ai trouvés parfaits. Leur texture, moitié farineuse, moitié aqueuse, apportait la touche douce et onctueuse idéale pour mettre en valeur ses partenaires d'assiette.
22 décembre 2008
Avec les restes de canapés et de poisson du réveillon
Repas de Noël pas cher - Episode 22
C'est fini, Noël, terminé !
Ah bon ? Vous êtes encore dans les préparatifs du réveillon ? Excusez-moi, mais avec ce calendrier de l'Avent de recettes économiques, je suis totalement décalée : aujourd'hui je vous propose donc deux manières de recycler les restes des canapés de votre apéritif de Noël et même le poisson de votre repas.
Croûte Gratinée :
Une entrée amusante réalisée avec des restes de toasts garnis de viandes, légumes ou fromage mais sans poisson ou fruits de mer (ce sera pour la 2ème recette).
Préparation : Dans un saladier, faites tremper le pain des toasts dans un peu de lait, avec des biscuits apéritif s'il vous en reste. Lorsque le pain est légèrement ramolli, pas trop, ajoutez 1 ou 2 oeufs pour obtenir une pâte assez ferme tout de même.
Hachez toutes les garnitures : charcuteries, viandes, rillettes, oeufs durs, tomates, fromages, cornichons, pointes d'asperges, olives, etc. Mélangez avec des échalotes fondues au beurre et des lardons rissolés. Ajoutez cacahuètes et fruits secs concassés s'il vous en reste. Poivrez bien et mélangez le tout avec la mie de pain imbibée.
Cuisson : Etalez la préparation dans la plaque creuse du four graissée et parsemez de gruyère râpé. Cuire à 200°C environ 15mn.
Au sortir du four, découpez en toasts croustillants et uniques.
Boulettes marines :
Une recette pour utiliser les restes des canapés de poisson et fruits de mer (thon, saumon, oeufs de poisson, surimi, crabe, crevettes décortiquées, etc) et quelques morceaux de poisson froid.
Faites tremper le pain des toasts dans un peu de lait. Ou sinon, faites gonfler des flocons d'avoine dans du lait chaud. Ajoutez-y les restes de poissons émiettés, 1 ou 2 oeufs. Le mélange doit être assez ferme. Assaisonnez avec sel, poivre, tabasco ou piment.
Confectionnez des boulettes à rouler dans la chapelure avant de les frire à l'huile. Servez avec une sauce tomate ou autre.
Ces deux recettes proviennent du supplément cuisine d'un vieux magazine perdu issu de l'ancien temps, j'ai trouvé qu'elles pouvaient être encore d'actualité.


















