Les gens qui me côtoient ne vous le diront pas parce qu'ils ne vous connaissent pas mais il m'arrive assez souvent de souffler le chaud et le froid. Est-ce pour cette raison que j'apprécie les contrastes de températures dans un plat ? Seul Freud aurait pu le savoir, s'il avait inventé la psychanalyse des plaisirs culinaires, bien plus intéressante à mon avis que l'interprétation des rêves dont je ne me souviens quasiment jamais.

Parlons donc plutôt de choses concrètes : une boîte de lentilles, quelques tomates et un fromage de chèvre qui s'associent dans cette recette selon un subtil et sensuel gradient de température (certains profs de physique seraient bien étonnés de l'usage dégradant que je fais des vagues souvenirs de leurs cours...)

Salade tiède de lentilles et chèvre chaud sur lit de tomate froide

lentille_tomate_chevre_fourch

Au fond d'un ravier qui supporte le four, déposez des dés de tomates mêlés de persil haché. Au dessus, installez une salade de lentilles bien froides avec une petite sauce relevée : moutarde - huile - poivre - carvi. Et recouvrez de tranches de fromage de chèvre.

Passage rapproché (très rapproché) sous le grill très chaud :

lentille_tomate_chevre

La tomate, éloignée de la source de chaleur, reste froide et crue. Les lentilles deviennent tièdes et le chèvre, fondu, grillé et chaud. Le genre de plaisir que j'aime assez, je vous l'avoue.

Bien sûr, certains trouveront que c'est là se compliquer la vie pour pas grand chose et qu'une simple salade de lentilles à la tomate avec des miettes de chèvre, c'est bon et plus rapide à préparer. Certes, mais comme dit gentiment la pub, nous n'avons pas les mêmes valeurs et la pauvresse, elle aime bien se décarcasser.