L'hiver dernier, j'avais déjà fait un voyage au Congo-Kinshasa (ou République Démocratique du Congo) en compagnie de Pondu et Fufu (prononcez Ponedou et Foufou). Cette année, j'y retourne avec le moambe, ou sauce graine. Cette boîte vient d'une épicerie africaine mais j'en ai vu à l'hypermarché du coin sous la marque Mama Africa.

Sauce graine ou Moambe

boite_moambe

Il s'agit de pulpe de fruits de palmier à huile :

pulpe_moambe

Les végétariens pourraient cuisiner ce produit avec du tofu et du seitan comme ma fille l'avait fait avec ses carbonades flamandes végé mais, perso, j'ai opté pour le poulet, plus facile à trouver.

Poulet Moambe ou Poulet sauce graine
accompagné de fufu

moambe

D'après Saint Google, cette recette de poulet est très commune en Afrique de l'ouest sous divers noms. J'ai fait un doux mélange de tout ce que j'ai lu et je me suis lancée !

4 cuisses de poulet - 1 boîte de 400 g de moambe (ou sauce graine) - 1 boîte de tomates pelées - 1 oignon - 1 bouillon-cube Maggi - des piments (facultatif) - épices.

Pour les épices, j'ai choisi le mélange pour poulet yassa, je reste ainsi dans la région. Normalement, il faut faire revenir les morceaux de poulet dans de l'huile de palme. Je n'allais pas acheter un produit en plus donc j'ai utilisé le dessus de la conserve qui doit bien être cette huile figée :

huile_moambe

Faites revenir les morceaux de poulet dans cette huile (à feu pas trop fort car ça fume, ça fume...), ajoutez l'oignon émincé puis les épices, le moambe, 1,5 conserve d'eau, les tomates égouttées, un ou plusieurs piments rouges et 1 bouillon-cube Maggi. Laissez mijoter au moins une heure.

Il est préconisé à ce stade d'enlever avec une cuillère l'huile de palme rougeâtre qui surnage. C'est vrai que cela fait un peu hérésie diététique tout ce gras. Perso, j'ai employé les grands moyens : j'ai laissé refroidir une nuit au réfrigérateur pour enlever facilement la graisse figée le lendemain. En plus, un ragoût réchauffé, c'est bien meilleur.

Normalement, on accompagne le poulet moambe de pondu. Mais le pondu, j'ai déjà donné et il ne faut pas abuser des bonnes choses, ma mère me l'a toujours répété. J'ai donc simplement fait une bolée de fufu (à base de farine de manioc) nettement plus réussi que l'année dernière (il y a pas de mal, sauf à l'épaule droite car touiller cette chose compacte demande une sacrée force...).

Contrairement à ce que raconte Saint Google, le poulet Moambe ainsi traité n'est ni lourd, ni gras. La sauce longuement mijotée est onctueuse à souhait, le poulet extra-tendre et le goût de ce plat n'est pas du tout extravagant pour des papilles peu habituées à la cuisine africaine.

moambe_assiette

En conclusion, voilà un dépaysement moins onéreux et moins polluant qu'un billet d'avion.