- Billet programmé pour cause de déboires informatiques -

La dégénérescence de la race est un sujet dont on ne parle pas assez, je trouve, et dont les conséquences sont hélas fort méconnues. Prenons un exemple tout à fait au hasard : moi. Eh bien, j'ai beau être née à Lille de père belge, je n'ai pas de friteuse à la maison. La honte, n'est-ce pas ?

Et l'outrage aux bonnes moeurs culinaires régionales va encore plus loin. Ce midi, j'ai certes coupé en forme de frites des pommes de terre mais j'y ai adjoint des cousines colorées, des patates douces. Et pour les cuire au four, ce n'est pas de gras de boeuf fondu dont je les ai arrosées mais d'une simple cuillerée d'huile d'olive espagnole. Je vous le demande : mais où va-t-on ?

Surtout que j'ai saupoudré ces fausses frites de sumac libanais et d'origan séché de même origine. J'aurais pu opter pour du paprika hongrois et des herbes de Provence qui ne sont guère nordistes non plus. Et ces frites dégénérées se sont alors étalées sur la plaque du four, bien au large, sans superposition et enfournées 20 mn à 200°C.

Pommes de terre et patates douces en frites au four
façon libanaise

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Evidemment, restons réalistes, les amateurs de frites, de vraies frites, ne verront là que moquerie sans intérêt. C'est un peu doré, certes, mais bien mou, je le reconnais aisément. N'empêche que ce plat light réserve des surprises en bouche. Ces contrastes de saveurs entre la patate douce sucrée et le sumac acidulé, entre le parfum chaud de l'origan et le moelleux de la pomme de terre farineuse, voilà de quoi oublier un instant que le gras, c'est bon mais qu'on peut s'en passer ... parfois ...