Bien sûr, il existe une myriade de sites proposant des bentos made in Japan tous plus kawaii les uns que les autres et qui donnent vraiment envie de monter une collection. Mais quand on n'a pas les moyens de ses envies, on ne doit pas renoncer pour autant à égayer ses repas nomades. A défaut de détournement de fonds, on peut toujours se rabattre sur le détournement d'objet, n'est-ce pas ?

Mon baby-bento

baby_bento

Vous aurez évidemment reconnu là une banale assiette pour bébé. Trouvée à 0,30 € sur une brocante, elle m'a donné envie de m'amuser avec un mélange de légumineuses et céréales pour un plat végétarien équilibré en protéines :

  1. Une salade de riz + carottes râpées + ananas + olives
  2. Une salade de haricots rouges + maïs + tomate

baby_bento_salades

Bien sûr, avec une contenance de 35 cl, ce baby-bento est un peu petit pour nourrir sa femme et encore moins son homme. Mais avec des féculents et complété d'un fruit et de biscuits, voire même de muffins salés ou d'une salade de légumes dans une autre boîte, le repas n'est plus frugal.

Aussi bien, peu m'importe, si j'ai craqué pour ce baby-bento, c'est qu'il me rappelait Nono, le petit robot. Vous vous souvenez, le personnage du dessin animé Ulysse 31 diffusé dans les années 80 sur FR3 ? Bon, je peux bien vous l'avouer maintenant, il y a prescription : quand j'étais une toute jeune maman, toutes les fins d'après-midi, je mettais mon fils devant la télé. Le pauvre petit servait de prétexte parce qu'en fait, c'est moi qui voulais voir Ulysse 31 !

J'adorais ce dessin animé parce qu'il m'évoquait, d'une part, toutes les légendes de la mythologie grecque qui me fascinaient tant, enfant. Et d'autre part, le feuilleton de science-fiction Cosmos 1999 de mon adolescence (en ces temps reculés, on regardait des feuilletons, pas des séries).

Ah, Cosmos 1999 ! Toute une époque ! Bizarrement, je n'ai jamais accroché à Star Trek et autre Star Wars mais Cosmos 1999, je n'en ratais pas un épisode le samedi après-midi. Pour situer l'histoire à l'intention des petits jeunots, le 13 septembre 1999, une explosion nucléaire fait sortir de son orbite terrestre la Lune qui emmène dans son errance les malheureux occupants de la base lunaire Alpha qui naviguent ainsi de planète dangereuse en planète monstrueuse. Les effets spéciaux étaient sommaires, à base de maquettes. Les scénarios, surtout, ne variaient guère, avec un esprit philosophico-nébuleux assez spécial. A vrai dire, le message me semblait parfois obscur mais, justement parce que je ne comprenais pas tout, je trouvais ce feuilleton très intelligent ! Quant au générique, il avait une couleur disco tout à fait années 70.

Bien sûr, 1999 fait maintenant partie du passé, c'est même le siècle dernier. Mais en 1975, quand le feuilleton est arrivé sur TF1, 1999, c'était de la science fiction. A l'époque, j'imaginais qu'alors les voitures voleraient, les repas se résumeraient à des gélules ou de la poudre à diluer dans un verre d'eau. En 2010, les voitures ne volent toujours pas (d'ailleurs, d'ici une paire de dizaines d'années, même les avions ne voleront plus, faute de pétrole...) et, si on y regarde bien, la cuisine n'a pas évolué dans ses principes. Bien sûr, la mondialisation est passée par là et on consomme maintenant des produits exotiques peu connus en France en 1975. Mais il s'agit de produits tout à fait traditionnels dans d'autres pays et, surtout, les modes de préparation sont restés les mêmes : on grille, rôtit, braise, mijote comme alors. Il y a juste le micro-onde qui réchauffe plus vite mais il n'a pas révolutionné la cuisine, comme la cuisine dite moléculaire qui est tout sauf quotidienne.

Non seulement en 1999, je ne me nourrissais pas de gélules mais en 2010,  11 ans après,  je suis là en train de raconter des recettes de cuisine tout à fait semblables dans leurs principes à celles de 1975. En vérité, je vous le dis, il n'y a plus d'avenir, ma pôv dame...