Il n'y a pas que les gens qui ont besoin de partir en vacances. Les recettes traditionnelles, aussi, aiment voir du pays. Aujourd'hui, j'en ai emmené une en charter vers l'Asie. Et qu'il ne s'avise pas de venir me hanter, le fantôme d'Henri IV en protestant de l'usage que je fais de son héritage. Sinon, je m'en vais invoquer les mânes de Ravaillac, non mais dis donc !

La poulohpô asiatique

poulohpo

L'été étant la saison des grillades, les viandes à mijoter sont donc moins chères qu'en hiver. Pour quelques euros, vous aurez  ainsi une belle poule. Et ne vous inquiétez pas, on n'est pas obligé de boire un bouillon brûlant sous le soleil, la poulohpô se déguste tiède ! Pour cela, la poule se cuit le matin pour le soir ou, encore mieux, la veille. Cela permettra en outre de dégraisser le bouillon.

A défaut de piscine, plongez la volaille dans une grande marmite d'eau chaude en parfumant son bain de clous de girofle, fenugrec, graines de coriandre et tiges de citronnelle fendues en deux (gardez le coeur tendre à part) sans oublier un gros morceau de racine de gingembre. Laissez bouilloter  le temps qu'il faut pour que la vieille carne s'attendrisse (avec le manque de précision de mes recettes, c'est certain, je ne pourrai jamais écrire de livre de cuisine !). Une heure avant la fin de cuisson, ajoutez des carottes entières (comment mesure-t-on une heure avant la fin d'un temps indéterminé, c'est l'énigme du jour pour vous occuper l'esprit à l'heure de la sieste...). Evidemment, vous pouvez choisir d'autres légumes. Perso, il me semblait qu'une orgie de carottes serait de bon aloi afin de me rendre plus aimable.

Une fois le bouillon refroidi, il ne reste plus qu'à le dégraisser et dépiauter la volaille. Une heure avant de se mettre à table (enfin, ne faites pas trop attention, je crois que je réponds toujours une heure quand on me demande une durée que j'ignore), réhydratez 20 mn des champignons shiitake séchés dans un bol d'eau chaude. Cuisez du riz à l'eau et refroidissez-le sous le robinet. Jetez les champignons, coupés en deux ou quatre selon leur grosseur, dans le bouillon de poule dégraissé et remis à chauffer. Ajoutez des vermicelles chinois, la racine de gingembre cuite débitée en fines lamelles et le coeur émincé des tiges de citronnelle (celles dont j'ai parlé plus haut).

Dans les bols, déposez du riz froid, des lamelles de poule, des rondelles de carottes, arrosez d'une louche de bouillon avec les champignons, le vermicelle et le gingembre. Complétez avec une cuillerée d'algues nori en paillettes et quelques feuilles de coriandre. Les amateurs parfumeront leur poulohpô d'une giclée de sauce soja. J'ai préféré une volée de shichimi.

Je ne sais pas si ma poule a apprécié son voyage en Asie. Moi, j'ai bien aimé.