L'histoire que je vais vous raconter se déroule au bout du boulevard Victor Hugo, à Lille, près de la Porte des Postes, au sein du Centre Ferron-Vrau avec ses deux maisons de retraite. Comme tous les établissements hospitaliers privés du coin, il dépend de la Faculté Libre de Lille, la Catho pour les intimes. On ne sera donc pas étonné d'y voir une chapelle, Notre-Dame d'Espérance, aussi grande d'ailleurs qu'une petite église.

Pour vous donner une idée concrète du bâtiment, un ami lillois a fouillé pour vous sa collection de souvenirs. Il est l'auteur des quatre photos datées qui illustrent ce billet :

L'entrée du Centre Ferron-Vrau en 2010

12032010

Le fronton de Notre-Dame d'Espérance, fin 2009

05112009

Il aura donc fallu trois années, de 1877 à 1880, pour construire cette chapelle. Mais nettement moins longtemps pour la faire disparaître. La preuve avec ces clichés que j'ai pris le 28 juillet 2012 :

IMG_7283

Que peut le pouvoir spirituel de Jésus face à la puissance temporelle d'une pelleteuse ? Question théologique du jour...

IMG_7294

Retour dans le passé avec les vitraux de la chapelle, il y a deux ans :

06082010Et le vide qu'ils ont laissé aujourd'hui :

IMG_7299

Une des deux tourelles qui se dressaient en façade de la chapelle :

05022010

Les quelques rangs de briques qui en subsistent :

IMG_7301

 Au milieu des gravats, on distingue de maigres vestiges d'ornements sculptés :

IMG_7289

L'arrière de la chapelle est encore debout, adossé à un autre bâtiment manifestement désaffecté :

IMG_7296

Vue du chantier de démolition depuis le trottoir du boulevard Victor Hugo :

IMG_7303

Juste à côté, toujours sur le boulevard Victor Hugo, se situe l'ancien hôpital pour enfants Saint-Antoine dont les lits ont été transférés en 2002 dans le tout neuf hôpital Saint-Vincent de Paul, non loin de là.

IMG_7306

Des gens entraient et sortaient, des rideaux pendaient à certaines fenêtres, des tapis prenaient l'air sur les grilles. Bref, ces vieux locaux de la fin du 19ème ont trouvé manifestement une nouvelle raison de vivre. En rentrant, j'ai interrogé Mister Google : en 2003, s'y est installé un foyer d'hébergement d'urgence pour des personnes d'origine étrangère. Comme quoi les anciens hôpitaux sont plus utiles que les chapelles abandonnées...

Pour me remettre de mes émotions face à ce passé révolu, je m'en suis allée découvrir Lille Plage, de l'autre côté du carrefour de la Porte des Postes. Sable, palmier et bambous photographiés depuis mon transat :

IMG_7307

PS : Depuis ce 28 juillet, mon ami lillois est repassé dans le coin et il a découvert que cette pauvre statue christique en péril avait trouvé réfuge dans un petit square à l'arrière de la chapelle disparue. Ouf ! Jésus 1 - Pelleteuse 0