A en croire les auteurs de polars nordiques, leurs pays ont tendance à verser dans la xénophobie et les immigrés sont accusés de tous les maux. Pourtant, la cuisine étrangère, et plus particulièrement l'indienne, commence à y faire une percée. Après le curry suédois de Mons Kallentoft, voici donc un tandoori islandais :

La rivière noire - Arnaldur Indridason

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"C'était surtout la marinade qui faisait la différence pour les papilles. Elingorg mélangeait toutes sortes d'épices en quantité précise et selon son goût dans du yaourt nature : si elle voulait que le plat prenne une couleur rouge, elle prenait des graines d'annate en poudre et si elle le préférait jaune, elle utilisait du safran. En général, elle s'amusait avec un mélange de piment de Cayenne, de coriandre, de gingembre et d'ail en plus du garam massala qu'elle confectionnait à partir de cardamone, de cumin, de cannelle, d'ail et de poivre noir séchés ou grillés qu'elle relevait d'un soupçon de muscade. Elle s'était également essayée à y incorporer quelques plantes aromatiques issues de la flore islandaise avec des résultats assez concluants en utilisant par exemple du thym arctique, des racines d'angélique, des feuilles de pissenlit et du céleri des montagnes. Elle enduisait la viande, le plus souvent du porc ou du poulet, avec la marinade et laissait ensuite reposer pendant quelques heures avant de la placer dans son plat en terre cuite."

Préparer moi-même mon mélange d'épices pour le tandoori, non merci. D'ailleurs, j'ignorais totalement l'existence de l'annate jusqu'à présent et, si on en trouve à Reykjavik, je doute qu'il s'en vende sur Lille. Donc, j'ai cuisiné ce tandoori avec un mélange tout fait venu tout droit d'Inde. Par contre, j'y ai ajouté quelques herbes fraîches car cette idée originale m'a vraiment séduite. Bien sûr, pas de thym arctique dans mon jardin, alors j'ai pris de la sauge et du romarin. Pas mal, pas mal !

Tandoori d'inspiration islandaise

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La veille, j'ai fait macérer des hauts de cuisse dans un mélange yaourt-épices à tandoori-jus de citron-sauge et romarin haché. Je n'avais mis qu'une cuillère à café d'herbes par personne, plus serait mieux.

Pour la cuisson , je n'ai pas de four à tandoori (bizarrement traduit plat terre en cuite en dans le roman), j'ai tout simplement fait revenir le poulet égoutté dans une sauteuse, arrosé de la marinade en fin de cuisson.

En accompagnement, du riz basmati et une fricassée de champignons indienne à ma façon : graines de moutarde sautées à l'huile sous un couvercle, on ajoute les champignons de Paris émincés et un poireau en rondelles.