Open Your Kitchen est un site tout neuf qui propose des cours de cuisine en direct devant vos fourneaux. Plus besoin de vous déplacer pour découvrir une nouvelle recette et ses gestes techniques, vous suivez la vidéo du chef, vous cuisinez en même temps que lui et, via casque et webcam, vous pouvez lui montrer votre oeuvre et poser vos questions. En prime, vous faites déguster votre plat tout chaud à toute la famille. Bien pratique, non ?

Curieuse comme je suis, quand Open Your Kitchen m'a proposé de tester le concept avec d'autres blogueuses, je n'ai pas hésité et c'est ainsi que, l'autre dimanche, j'ai préparé des nems avec le chef Norbert Kong.

Mon expérience des nems remonte à mon lointain mariage et la première fois fut la dernière. J'ai le souvenir de gros boudins qui s'étaient ouverts dans la friteuse, il y avait des germes de soja et du vermicelle partout dans l'huile, une véritable horreur ! Depuis, je mangeais les nems au resto chinois ou achetés tout faits, réchauffés au four. Bref, j'avais bien besoin des conseils d'un spécialiste de la cuisine vietnamienne.

Pour les réglages techniques, heureusement que mon fils était de passage ce week-end-là. Il m'avait rapporté un casque tout léger avec un seul écouteur et un micro comme dans les pubs sur les hotlines à la TV : "Allô, Un Nem At Home, j'écoute. Aïe !" (eh oui, un rien m'amuse...). Pour la webcam, j'ai décliné, aucune envie de montrer le foutoir de ma cuisine. Parce que c'était folklo, tout le matériel de la recette sur mon unique plan de travail de 50 cm de large et l'ordinateur portable sur la plaque du four en équilibre sur l'évier. N'empêche que si j'ai pu le faire dans ma mini-cuisine, vous pourrez le faire chez vous !

Me voilà donc, un dimanche à 11 h, devant mon bol de farce à nem préparé à l'avance (ne le dites pas au chef Norbert, j'y ai mis un reste de poulet cuit effiloché au lieu du poulet cru haché préconisé, chut !). La vidéo démarre, avec deux plans du chef dans sa cuisine (grande, grande...), un plan large et un plus resserré montrant bien ses gestes.

Des cours de cuisine, j'en ai déjà suivi 4 en tant que blogueuse culinaire, avec 3 chefs différents et en 2 lieux et je peux dire que Chef Norbert est mon préféré. Surtout que l'exercice n'était pas aisé pour lui à discourir ainsi devant une webcam. Il a su éviter le cours magistral et il nous a délivré des explications claires sur la recette avec des variantes possibles. J'ai apprécié en particulier son exposé détaillé des ingrédients. Régulièrement, il nous demandait où nous en étions et répondait précisément à toutes les questions. Étonnamment, malgré l'écran, j'ai trouvé le cours convivial, plus que, parfois, avec un chef en chair et en os.

Quant au résultat dans ma cuisine, c'est celui d'une très mauvaise élève. Je n'écoute pas les conseils, mes nems étaient boursouflés car pas assez serrés, dixit le chef, et en plus, je n'avais pas le matériel adéquat. La honte pour une ch'ti, pas de friteuse chez moi, je déteste les beignets, je ne fais même pas de frites au four. Bien sûr, les gens doués peuvent cuire leurs nems dans une sauteuse mais moi, sans thermostat, je n'ai pas su chauffer l'huile comme il faut. Il y avait même deux nems collés comme les soeurs siamoises de Alone, film d'horreur thaïlandais génial, lui !

Mes nems ratés

nem

Conclusion, les nems, ça m'énerve et après cette première fournée, j'étais prête à abandonner. C'est là que mon fils s'est proposé pour prendre la relève. Néophyte, il les a pourtant formés comme un chef, bien réguliers, bien serrés, parfaits du premier coup (eh, eh, il roule ses cigarettes depuis près de 10 ans et ça doit aider, je crois...) et il s'est même occupé tout seul de la cuisson. Comme quoi un bon élève sait tirer parti d'un bon cours.

Totalement vannée, j'ai donc abandonné le terrain pour me faire servir égoïstement. En plus, en mère totalement indigne, j'ai oublié l'appareil photo. Définitivement, les nems, ça ne me vaut rien. Désolée, fiston et merci de ton dévouement à ta mère ingrate !