Il y a presque deux ans maintenant, je découvrais l'Aveyron, ses paysages superbes mais surtout, ses somptueux fromages : les caves de Roquefort, l'aligot et puis c'est tout. Car, hélas, je me retrouvai vite à me faire charcuter les entrailles par un boucher chirurgien du coin. Heureusement, Dame Nature a prévu une bonne longueur d'intestin inutile et j'ai depuis récupéré toutes mes facultés digestives. De cette mésaventure, je ne gardais qu'un seul regret, avoir loupé la truffade dont on me disait le plus grand bien. Oui, 900 km environ, c'est un peu loin pour aller se fournir en fromage. Sniff.

Alors, imaginez ma joie en découvrant cette merveille dans mon hypermarché de la banlieue lilloise :

Tome fraîche de l'Aubrac

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Alléluia ! Je vais enfin pouvoir me régaler d'une truffade authentique ! C'est Noël en plein mois de mai sur Lille !

En ouvrant ce paquet, j'ai vite compris pourquoi la tome fraîche de l'Aubrac est irremplaçable. Tout d'abord, elle n'est pas salée. De loin, elle évoque un peu la mozzarella, en plus ferme mais surtout avec plus de caractère dans le goût, doux et présent à la fois. Évidemment, c'est une fois fondue que la tome fraîche révèle au mieux sa personnalité :

Truffade à la tome fraîche de l'Aubrac

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La truffe aveyronnaise n'est pas un champignon hors de prix, non, il s'agit simplement de la pomme de terre, une truffe de quat'sous qui me va à ravir. Surtout sublimée par ce fromage d'exception !

Comme je n'ai aucune expérience de ce plat, j'ai fait un méli-mélo de mes lectures sur le sujet en suivant mon instinct de grande amatrice de fromage. Donc, pour ma truffade, pas de chichi, juste les pommes de terre et la tome fraîche sans ail, sans lardons ou autre ingrédient qui viendrait troubler la simplicité de ce mariage d'amour. Pas de croûte dorée non plus car j'ai bien senti qu'une trop grande chaleur dénaturerait les arômes et le fondant incroyable de la tome fraîche.

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Pour une grande, grande assiette (ou deux normales...) : 3 pommes de terre moyennes - 150 g de tome fraîche de l'Aubrac

Épluchez, lavez et essuyez les pommes de terre. Coupez-les en tranches plutôt fines que vous essuyez à nouveau dans un torchon (enlever ainsi le jus amidonné leur permettra de cuire sans coller les unes au autres). Dans une grande poêle, faites-les dorer dans un mélange beurre-huile ou de la margarine. Couvrez et faites cuire à feu moyen. Quand les pommes de terre sont tendres, salez et poivrez généreusement. Baissez le feu et déposez la tome fraîche en dés. Mélangez au fur et à mesure de la fonte du fromage à l'aide de deux cuillères en soulevant la masse filante. Servez quand les pommes de terre baignent dans une mer blanche de tome fondante.

J'ai testé pour vous : si on prolonge la cuisson, le fromage tend à se décomposer. Idem à feu trop fort. La tome dorée, ce n'est pas mauvais mais je trouve qu'elle y perd sa subtilité unique.

Étonnamment, ce plat n'est pas lourd sur l'estomac, rien à voir avec de la raclette. Je l'ai tout de même servi avec juste une petite salade verte de saison.

Et j'ai aussi expérimenté la congélation, parfaite. Ainsi je pourrai plus tard préparer la version traditionnelle aveyronnaise de mon aligot ch'ti de pommes de terre négatives.

PS On m'apprend après coup qu'on peut manger de la truffade sur Lille au café-brasserie Le Carnot, dans cet insolite petit immeuble en fer à repasser qui fait l'angle boulevard Carnot - rue de la Clef (plat à commander à l'avance, pour deux personnes). A défaut de retourner en Aveyron, il ne me reste plus qu'à me trouver un mécène pour évaluer la différence avec ma propre truffade...

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