La dernière fois que mon fils est venu voir sa mère, il m'a laissé le reste d'une bouteille de coca. J'ai toujours trouvé que ce breuvage sucraillé avait un goût de vieux médicament pourri, beurk ! D'un autre côté, je n'avais pas envie de le jeter. Heureusement qu'il existe le recyclage en cuisine, j'en ai profité pour tester cet étrange poulet au coca qu'on voit de temps à autre sur la culino-blogosphère, avec une recette de mon cru comme de bien entendu.

Afin d'effacer la saveur particulière du coca, j'ai pensé aux citrons verts séchés venus d'Iran, les limou amani, que ma soeur m'a rapportés d'une épicerie iranienne à Bruxelles. Si Téhéran est trop éloigné de chez vous, optez pour les citrons confits au sel du Maghreb. Ils sont moins parfumés que leurs cousins du Moyen-Orient mais on fait ce que l'on peut avec ce que l'on a.

Poulet au coca et aux limou amani

poulet-coca

Question de forcer le trait, j'ai aussi choisi du fenugrec, de la sauge et du laurier pour leur saveur un peu âcre. Une bonne dose de piment aussi car, même en cuisine, un rapprochement irano-américain risque d'être explosif, non ?

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Pour 2 personnes :

2 cuisses de poulet - 40 cl de coca - 1 gros oignon - 2 limou amani - 2 gousses d'ail - 1 feuille de laurier - 1 branche de sauge - 1 cc de fenugrec - 1 cc de pâte de piment

Bien sûr, évitez le coca light car les édulcorants ne font pas bon ménage avec la chaleur.

Faites revenir les cuisses de poulet dans un peu d'huile (pour moi, sans la peau trop grasse). Ajoutez l'oignon émincé et l'ail écrasé. Mouillez avec le coca puis parfumez avec les derniers ingrédients de la recette. Laissez mijoter 45 mn environ.

Si vous préférez une sauce plus courte, faites réduire à feu vif en fin de cuisson pour caraméliser le coca. Vous pouvez aussi épaissir cette sauce avec de la fécule de maïs.

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Franchement, moi qui déteste le coca, j'ai été bluffée par cette recette. La sauce est vraiment parfumée, acidulée sans être trop sucrée et j'ai à peine senti l'arrière-goût du coca. Mais bon, rien de tel qu'une dégustation à l'aveugle et mon invité, je l'ai servi sans lui dire ce qu'il mangeait.

Tout d'abord, il a trouvé que l'odeur du plat était bizarre. Je lui ai fait sentir les limou amani dans leur boîte et ce sont bien eux les responsables. Eh oui, tous les odorats occidentaux ne sont pas habitués aux senteurs exotiques...

Pour le goût, le plat lui a plu mais il fut incapable de deviner l'ingrédient mystère :

"C'est un fruit, un légume ? Non. Une épice ? Non plus. Un liquide ? Oui. De la bière, du cidre, de l'eau de javel ?" Je pense qu'il craignait que je l'empoisonne...

Bref, le coca reste incognito dans ce plat. En tous cas, jusqu'au moment où vous l'annoncez car là, mon invité a reconnu son goût. Enfin, vous savez maintenant comment terminer les bouteilles de coca éventées.