L'expo d'automne à Saint Sauveur, ancienne gare de marchandise lilloise, présente cinq oeuvres assez monumentale du couple d'artistes chinois Sun Yuan & Peng Yu. Certes, c'est peu mais l'entrée est gratuite alors ne vous privez pas si vous passez dans le coin (du mercredi au dimanche, de 12 à 19h, jusqu'au 3 novembre).

Pour ma part, je suis tombée en pâmoison devant ce balcon où, à intervalles réguliers, une main invisible ouvre la fenêtre et jette par dessus la balustrade un livre, un journal ou un magazine :

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Occasional Awakening

Ce tas d'écrits ainsi catapultés est censé symboliser les tsunamis d'informations qui nous submergent et périment à la vitesse grand V mais, personnellement, je vois dans cette installation la représentation parfaite d'un de mes plus anciens fantasmes, jeter des choses par la fenêtre.

Je sais que cela ne se fait pas (d'ailleurs, je n'ai même jamais laissé tomber un papier sur un trottoir) mais qu'est-ce que ce doit être jouissif d'envoyer voler un magazine, d'entendre ses pages qui bruissent dans l'air comme une aile avant d'atteindre le sol ! Je regrette beaucoup de n'être pas à la place de la machinerie de cette oeuvre...

Pour l'indispensable oeuvre participative de l'expo, les artistes proposent un bassin empli de gros cubes de mousse grise à traverser, tant bien que mal, tout comme le dragon traverse la rivière. Et pour le spectaculaire, voici un énorme balai qui dissipe - ou pas - un non moins grand rond de fumée naissant dans un tonitruant coup de canon :

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Cette expo est complétée par l'Hôtel Europa aux chambres décorées par Skwak et l'univers déjanté de ses Maniacs. Le parcours commence oniriquement en noir et blanc :

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et se poursuit en couleurs pour un parcours gai, fou-fou et ludique :

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Dans la dernière pièce, les visiteurs, grands ou petits, peuvent s'en donner à coeur joie en coloriant à leur guise le papier peint :

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 La traditionnelle expo photo de la Gare Saint-Sauveur qui met à l'honneur quatre jeunes talents a pour thème cette fois-ci la manipulation. Deux artistes m'ont particulièrement marquée en faisant naître des sentiments agréables ou fort désagréables :

Jean Noviel - Paysages fabriqués

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Cécile Decorniquet - Ladies

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Habituellement, j'apprécie assez le macabre, le glauque et le lugubre. Des squelettes pendouillant aux oreilles d'une gamine, un bouquet de roses fanées, pourquoi pas ?

Ce qui m'a vraiment foutu la frousse dans ces photos, ce sont les regards, l'allure de ces mini-ladies (et il y en avait deux autres en plus !). Le pire est qu'elles sont représentatives de la majorité de leurs congénères. Oui, je l'avoue, les enfants me font souvent peur, encore plus que les poupées.

Sont-ils vraiment humains ? Je me pose la question, j'ai vraiment l'impression qu'ils évoluent dans un monde parallèle. Ils ne sont pas finis, ils sont soit niais, soit étrangers à toute morale et, franchement, si un des enfants que je croise dans la rue me lançait un jour un regard laser paralysant, je ne serais même pas surprise.

Maintenant que j'y pense, je me demande si, pour le bien de l'humanité, il ne faudrait pas exterminer tous les enfants. Eh, en plus du fantasme de virer les magazines par la fenêtre, je viens aujourd'hui de m'en découvrir un nouveau, jeter le bébé avec l'eau du bain.

Non, docteur, pitié, pas les électrochocs !