"Une heure et demie plus tard, Ransome était rentré chez lui. Il avait dîné d'un sauté d'agneau pashwari, s'était changé et était allé traîner dans son café favori, qui donnait sur Balgreen Road."

Portes Ouvertes - Ian Rankin

Bizarre ce "pashwari" avec un a puisqu'll vient sans nul doute de la ville de Peshawar, au nord du Pakistan. D'ailleurs, en cuisine, le monsieur Google ne connaît pas de sauté d'agneau de par là, seulement les naans peshawari à base de noix de coco, raisins secs et amandes.

Les ingrédients de mon sauté d'agneau étaient donc tout trouvés. Je n'imagine pas un plat de cette région sans épices et, comme le Bengale s'est trouvé jadis coupé et intégré pour partie au Pakistan, j'ai parfumé ma viande avec du Panch Phoron, ce mélange d'épices bengali.

Quant à la viande, j'ai pris un reste d'épaule d'agneau cuite au four, l'occasion de vous rappeler le rendez-vous de La Cuisine des Restes, le 20 de chaque mois, pour partager vos recettes de recyclages en tous genres.

agneau-peshwari

Ne vous arrêtez pas à la photo peu alléchante, ce sauté d'agneau sucré-salé était aussi étonnant que savoureux ! A défaut d'un reste d'agneau, vous pouvez prendre un morceau d'épaule crue ou même des côtes ou du gigot en version plein de sous. Augmentez alors le temps de cuisson.

Dans un peu d'huile, faites rissoler un gros oignon haché. Saupoudrez d'une bonne cuillerée de Panch Phoron, couvrez la casserole et laissez les graines sauter. Les bouches délicates préféreront la version moulue du Panch Phoron, toutefois moins parfumée.

Ajoutez la viande d'agneau en cubes. Quand elle est dorée, mouillez d'un peu de bouillon. Ajoutez de la noix de coco râpée et des raisins secs. Laissez cuire à couvert le temps nécessaire pour que la viande soit cuite à votre goût.

Avant de servir, parsemez ce sauté d'agneau d'amandes effilées grillées.

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Après la table, passons à la lecture. Après le Pakistan, voyageons en Écosse.

Ian Rankin est l'un de mes auteurs de polars préférés, un de ceux dont je lis tout ce que je trouve. Son inspecteur Rébus ayant longuement oeuvré (17 romans + 1 pas encore paru en français), il est parti à la retraite remplacé par un autre personnage récurrent, Malcom Fox qui sévit dans la Police des Polices. Franchement, je suis épatée de voir comment Ian Rankin a réussi à créer un second héros tout aussi attachant que le premier avec des intrigues totalement différentes. Quel talent !

Entre les deux, se place ce thriller plutôt sympathique. "Trois compères décident de voler des tableaux à l'occasion de la journée Portes Ouvertes de la National Gallery d'Edimbourg", nous raconte la 4ème de couverture (pfff, c'est dans l'entrepôt où végète le trop-plein des musées publics de la ville). L'histoire n'est pas des plus originales, certes, mais c'est bien écrit et on sent que l'auteur y a pris plaisir. Ce n'est sans doute pas le meilleur roman de Ian Rankin. Simplement, comme il s'agit d'un maître du genre, le moins abouti de ses polars est encore très bon.