Cette recette n'avait pas vocation à être publiée. Ni même photographiée. Je n'avais pas mon appareil (c'est pourquoi la date est incrustée sur l'image au lieu de mon pseudo), l'assiette noire brillante n'est pas du meilleur effet et c'est encore un plat laid (à rajouter à la collection débutée lundi...).

Mais franchement, dès la première bouchée, j'ai estimé qu'il fallait en garder un souvenir. Parce que la cuisine de quat'sous, c'est d'abord et surtout de la cuisine de tous les jours, celle que l'on fait avec les moyens du bord, ce qui n'empêche en rien qu'elle soit savoureuse.

Alors, ouvrez votre frigo, vos placards, mélangez ce que vous trouvez et régalez-vous. Et même que peut-être, si vous êtes plus esthète que moi, votre assiette sera appétissante à souhait.

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Ce tajine-rata n'a pas été préparé chez moi. Nous avions acheté des merguez (un paquet acheté, un gratuit, eh, eh) et j'étais chargée d'en faire un plat pour deux. Déjà chez moi, la cuisine n'est pas grande mais là, c'est vraiment riquiqui : 2 plaques de cuisson et juste un bout de comptoir encombré pour la préparation, 20x30 cm, juste de quoi mettre le papier des épluchures. Comme quoi, un équipement professionnel n'est pas indispensable pour se nourrir convenablement.

Dans la poêle, j'ai fait revenir à sec les merguez coupées en tronçons. Quand elles ont commencé à rendre leur gras, j'ai ajouté un oignon et de l'ail, coupés directement au dessus de la viande.

Dans le bac à légumes du frigo, j'ai découvert 3 endives oubliées, toutes mollassonnes. Les feuilles un peu jaunies retirées, elles sont allées rejoindre les autres ingrédients dans la poêle, coupées elles aussi au dessus.

Un peu de sauce tomate aurait été la bienvenue. Seulement, dans le placard pas bien grand, juste un pot de bolognaise, pas terrible avec des merguez. Par contre, dans la corbeille à fruits, m'attendaient des tomates. Des tomates de février toutes dures, sans goût. Perso, à part quelques tomates cerises pour mes bentô, je me passe de tomates fraîches l'hiver mais j'étais ravie de les trouver là pour mettre un peu de jus et de couleur dans mon tajine. Zou, dans la poêle !

Pour les épices, pas trop le choix, seulement un flacon de massala récupéré que j'avais laissé là jadis (je préfère de loin les poudres de curry pimentées de ma cuisine). A défaut d'un goût prononcé, ce mélange d'épices apporte de la couleur, ça ne se refuse pas.

Tout ce petit monde a mijoté à couvert, donnant plein de jus (eh oui, les tomates d'hiver, ce n'est que de l'eau...).

Quant à la semoule, j'ai utilisé la technique apprise de ma soeur qui la tient elle-même d'une Tunisienne : mélanger la semoule avec du sel et quelques cuillerées d'huile dans un saladier. Laisser gonfler 10 mn (eh oui, elle gonfle déjà ainsi !) et recouvrir d'eau bouillante + une hauteur d'un doigt (ou alors, mesurez précisément l'eau selon les indications du paquet). L'astuce est de couvrir alors le saladier d'un torchon sec puis d'un couvercle, ou une assiette.

Après 5 à 10 mn, égrainez la semoule à la fourchette, elle est aérée, toute moelleuse et non collante. Ensuite, il ne reste plus qu'à la réchauffer quelques instants dans une poêle à sec en la soulevant régulièrement avec une palette.

Ne disposant dans ce coin cuisine que d'une seule poêle, j'ai décidé de mettre la semoule en dôme sur le rata aux merguez. Bien m'en a pris. La semoule a ainsi pompé tout le jus du plat, devenant onctueuse et parfumée. Eh non, contrairement à ce que pourrait laisser voir la photo, ce tajine n'est pas sec du tout.

Et en prime, j'ai découvert ainsi une manière de cuire les endives sans que personne ne les soupçonne dans le plat. Parfait pour les récalcitrants !

Conclusion : En cas de besoin, n'hésitez jamais à suivre votre inspiration en créant des plats iconoclastes avec ce qu'offrent placards et frigo.