Comme tous les 3 ans, Lille 3000 revient pour distraire et cultiver les foules. Cette édition s'intitule RENAISSANCE, thème illustré par le parcours de 5 villes dont Détroit, exposition visible à la Gare Saint  Sauveur. Expo gratuite jusqu'au 17 janvier 2016.

C'est un bâtiment de cette gare de marchandise désaffectée qui sert de salle d'exposition. Dans le hall d'entrée, le visiteur est accueilli par deux longs, longs panneaux impressionnants dont la ville de Détroit semble jaillir :

La Balade de Détroit
Jean-François Rauzier

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Cette oeuvre est constituée de papier peint, photographie et QR code (n'ayant pas de smart-phone, j'ignore ce que ces QR codes dissimulent).

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L'effet réaliste, hyper-réaliste même, est saisissant. J'ai beaucoup aimé ce mélange de gratte-ciel et de demeures anciennes.

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Pour avoir une petite idée de l'oeuvre, vous pouvez aller voir le site de l'artiste (une fois sur place, cliquez sur le + pour agrandir puis sur les flèches pour faire défiler).

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Après le hall d'entrée, le visiteur entre dans la salle d'exposition même en passant par un gosier diabolique :

Abandon All Hope
John Duvinant

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Cette oeuvre est composée de morceaux de bois ramassés dans les maisons abandonnées de Détroit. D'après le guide papier, il s'agirait du Boogeyman, le Croquemitaine américain, représenté par le Diable.

Perso, ce "Abandon all hope" m'évoque plutôt le "Toi qui entres ici abandonne tout espoir" qui orne la porte des Enfers selon Dante (non, je n'étale pas ma science, c'est tout ce que je connais de sa Divine Comédie).

Ensuite, on entre dans le vif du sujet, surtout de grandes photos et des films sur la ville. Pour ma part, je trouve cet ensemble plus documentaire qu'artistique...

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En tout cas, c'est l'occasion d'associer les friches de Détroit avec les rails abandonnés de cette ancienne gare lilloise :

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Tout au fond, une oeuvre en deux parties :

Babel
Scott Hocking

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Il s'agit d'un tas de pierres bien à l'abri derrière une vitre (euh, en matière de tour de Babel, on a vu mieux à Lille, il y a trois ans au musée des Beaux-Arts) et entouré d'une accumulation de vieilleries poussiéreuses comme je les aime :

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Un tas de machins sans âge dénichés à la fois à Détroit et à Lille, mon coup de coeur dans l'expo !

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N'ayez crainte, la couleur et la modernité ont aussi droit de cité dans l'expo comme ces courtes vidéos à l'absurdité comique :

Rise and Fall
Adam Lee Miller & Nicola Kuperus

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Juste à côté, une série de grands panneaux aux teintes vives et à l'allure joyeuse :

The Party's Over
Jason Yates

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A y regarder de plus près, ces scènes sont tout de même bien sordides : mégots et lignes de coke au milieu des jouets d'enfants puis, plus loin, des poupées dans leur vomi, beurk !

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Ces quelques photos ne sont bien sûr qu'une partie tronquée de cette expo sur la ville de Détroit. Elles illustrent toutefois ma frustration. Renaissance, qu'ils disaient. Déliquescence est ce que j'en retiens.

Certes, un grand panneau près de l'entrée explique comment Détroit se reconstruit actuellement mais je ne l'ai guère vu dans les oeuvres choisies. En plus, malgré tout ce sombre, même mon penchant naturel pour le glauque n'a pas été séduit. Peut-être un peu trop de littéral, pas assez de transcendance...

Enfin, ce n'est qu'un avis personnel. A vous de faire votre opinion si vous passez par là.