Comme promis il y a quelque temps (pour ne pas dire un temps certain...), voici les photos-souvenirs de saucisses dévorées lors du périple où m'a emmenée mon Zhomme, dans son retour aux sources.

Ce voyage en ex-Allemagne de l'Est débute en Thuringe, à Erfurt,avec la meilleure Bratwurst (= saucisse grillée en français) de notre séjour :

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Cette Bratwurst de Thuringe, grillée au charbon de bois, est délicatement parfumée avec des épices et des herbes, un délice revigorant à cinq heures de l'après-midi ! Nous l'avons trouvé au "kiosque" à saucisse de la grand'place d'Erfurt, ouvert de 8h à 23h parce que, manifestement, il n'y a pas d'heure pour s'en régaler.

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Le soir, au restaurant, j'ai choisi une Currywurst (= saucisse au curry), spécialité originaire de Berlin mais qui a essaimé dans toute l'Allemagne. La traditionnelle saucisse de Thuringe grillée est servie avec une sauce tomate, manifestement une simple pulpe de tomate en boîte juste réchauffée et saupoudrée de poudre de curry. Hélas, c'était moins bon qu'au kiosque sur la place.

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Ma saucisse suivante a été mangée au petit déjeuner de Pâques, dans la Saxe. Là, vous voyez l'assiette de charcuterie et fromage pour deux, accompagnée de pains blancs et noirs, de délicieuses confitures maison (à la myrtille et une surprenante poire confite-piment-carvi) et d'oeufs durs aux coquilles teintées pour fêter Pâques :

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Il s'agit là de morceaux de saucisse fumée, crue. J'avoue que je n'ai pas terminé ma part. La charcuterie et le fromage avec le thé du matin, OK, mais cette saucisse crue n'était pas franchement à mon goût.

Entre les saucisses, voici la photo qui justifiait ce voyage, le 5 Beethovenstraße où est né mon Zhomme et qu'il a quitté à l'âge de deux ans pour la France de son père :

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Ce village du fin fond de l'Allemagne de l'Est étant à un jet de pierre de la République Tchèque, il aurait été dommage de rater Prague, non ? Par contre, la voiture de location ne pouvait traverser la frontière. Nous sommes donc remontés jusqu'à Dresde pour y prendre un bus qui nous conduisit à Pragues.

Notre visite de Dresde fut, par la force des choses, assez succincte. Garés près de la gare, nous avons remonté la Prager Straße. Héritage de l'urbanisation soviétique, cette longue avenue piétonne est aujourd'hui une vitrine de la société de consommation. Étrange alchimie...

Il nous restait 2 h pour parcourir le centre historique de Dresde reconstruit plus ou moins récemment. Une véritable claque ! Tout d'abord, je n'ai jamais vu une telle profusion de monuments majestueux sur un si petit espace. Le tout sur les bords de l'Elbe tout aussi majestueuse.

Mais ce qui m'a surtout marquée, c'est l'atmosphère particulière créée par tous ces bâtiments ressuscités du néant avec ce mélange de pierres neuves, blanches, et de pierres noires, calcinées.

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Il en naît une puissance émotionnelle unique qui vous torpille, mêlant le souvenir de la splendeur passée de Dresde et celui du martyr des civils qui paient trop souvent le plus lourd tribut des guerres.   

Je n'ai pas mangé de saucisse à Dresde.  

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La saucisse suivante nous a réchauffés à Prague où nous sommes arrivés le lendemain sous une puie battante. Heureusement, chaque place dans le centre proposait son marché de Pâques avec fleurs et odeurs de grillades.

Cette saucisse blanche aux herbes est floue (pas évident de photographier d'une main et en vitesse pour pouvoir manger chaud...) mais c'est pour mieux garder le souvenir de la superbe et flamboyante Maison Municipale, juste derrière. Une saucisse magique d'ailleurs puisque les trois jours suivants à Prague furent plus secs.

Après la saucisse blanche, il y eut plus tard une autre spécialité tchèque, la saucisse rouge au paprika, peu relevée, ma foi.

Ensuite, la saucisse knack chaude et craquante du petit déjeuner :

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Oui, oui, il s'agit bien d'une assiette de petit déjeuner avec fromages, carottes râpées aux olives vertes, coleslaw, bretzel salé, pain au carvi. Suivie d'une assiette de charcuteries diverses et d'oeufs. Et puis du yaourt, des fruits frais, des gâteaux au pavot et au chocolat. Bref, ce buffet de breakfast nous servait de brunch.

Retour en Allemagne. A Iéna, nous n'avons pas cherché le champ de bataille mais la baraque à saucisses avec cette nouvelle Bratwurst de Thuringe en version XL, dégustée debout sur ces hautes tables sur le trottoir :

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 Retour à l'Ouest et découverte de la cathédrale de Cologne, aussi foudroyante de beauté que celle de Strasbourg.

Découverte aussi d'une véritable brasserie allemande, ses multiples salles, le ballet des serveurs et ses plats roboratifs mais savoureux, cuisinés maison. C'est autrement meilleur que nos brasseries françaises qui réchauffent des plats sous vide au micro-onde.

L'assiette est peu alléchante, certes mais la saucisse fut délicieuse, peu grasse et bien grillée, des pommes de terre parfaites et un chou tout doux, tout fondant. De la cuisine bien faite, qui ne se prend pas la tête mais régale.

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Et n'allez pas croire que les saucisses allemandes ou tchèques ne sont pas diététiques. Après 10 jours de ce régime, j'avais maigri de 500g. (J'avoue que nos longues, longues marches ont brûlé quelques calories surnuméraires).

   Ciorane