A chaque fois que je vais au Palais des Beaux-Arts de Lille, je jette un regard sur ce tableau. J'adore cette lumière hivernale, l'architecture hétéroclite du village, le foisonnement de détails avec pourtant des zones vides, neutres. Rendez-vous compte, il y a 14 personnages dans cette scène plus une dizaine d'animaux, sans oublier les carcasses !

Le Loup d'Agubbio
1878
Luc-Olivier Merson

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Cette scène fait référence à un des nombreux miracles accomplis par Saint François d'Assise :

En Italie, dans les environs d'Agubbio, ou Gubbio selon les graphies, sévissait un loup féroce qui attaquait sans vergogne hommes et animaux. Le saint homme le fit devenir doux comme un agneau et, en échange, les habitant du village promirent de le nourrir jusqu'à la fin de sa vie.

Pour plus de détails, voici la fiche du Loup d'Agubbio du Palais des Beaux-Arts.

Luc-Olivier Merson (1846-1920) est un peintre parisien franchement oublié aujourd'hui. Pourtant, chaque année, quelque 11 millions de visiteurs admirent l'immense mosaïque qu'il a créée pour l'abside du Sacré-Coeur de Montmartre.

Et bien plus de Français encore ont eu dans leurs mains une autre de ses oeuvres, le billet de 100 francs en circulation de 1910 à la fin de la seconde guerre mondiale. Sans compter le billet de 50 francs sorti en 1928, après sa mort.

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Pour en revenir au sujet de ce billet, ce sont certes les repas du loup et du chien qui sont mis à l'honneur dans ce Tableau Miam. Mais les carcasses pendues aux volets de la boucherie nourriront certainement plus les humains. Sans oublier le gros pain, presqu'au centre du tableau.

     Ciorane