Valentine Prax (1897-1981) a grandi en Algérie, du temps où ce pays était encore une colonie. Du sang catalan du côté de son père, du sang sicilien du côté de sa mère, déjà dans son ADN les influences étaient multiples.

Je ne suis donc pas étonnée de découvrir autant de contrastes dans cette toile exposée au musée de La Piscine à Roubaix :

Grande figure de femme

Valentine Prax

Grande figure de femme Valentine Prax

Les couleurs vives éclatent dans ce tableau. La femme est peinte multicolore telle un arlequin, mains comprises. Les bateaux à voiles et les fleurs apportent une douce touche de sérénité.

Pourtant, une mélancolie profonde se dégage de cette scène. Est-ce un oiseau mort sur la table ? Et ce masque double sans sourire, sans gaieté, qui laisse apercevoir un visage à peine esquissé mais si triste.

Le style aussi me semble tendu entre deux mondes, un figuratif mâtiné d'abstraction.

Vous l'aurez compris, ces remarques ne sont pas l'oeuvre d'un critique d'art professionnel, juste l'expression de mon ressenti devant cette oeuvre plutôt énigmatique.

Aussi bien, c'est le côté "miam" du tableau qui m'intéresse ici. Et si le volatile sur la table n'est pas comestible, on peut toujours se rabattre sur cette coupe de fruits : une pêche, un abricot, une figue, une poire (peut-être...) dans un joli compotier ondulé tel un coquillage :

Grande figure de femme - detail

N'oublions pas : tant qu'il y a à manger, il y a du plaisir, de l'énergie, de la vie.

Ciorane