Dans la recette d'origine, c'était le gigot qui pleurait. Un gigot d'agneau cuit sur la grille du four avec son gras dégoulinant dans la lèche-frite sur des rondelles de pommes de terre.

Le poulet, même fermier, est plus économique. Et comme nous n'étions que deux à table hier soir, je l'ai coupé à l'aide de mon grand couteau puis la moitié en a été congelée, crue, pour un autre jour.

Voici donc mon demi-poulet qui pleura sur une équipe de carottes et de patates :

Le poulet qui pleure

Les esprits chagrins verront là un bête poulet rôti. Paraphrasant un célèbre portier belge, ils estimeront que j'ai cuisiné à rien.

Mais non, mais non, je l'ai travaillé au corps, ce poulet !

Tout d'abord, j'ai glissé sous la peau de la cuisse et du blanc une tige de romarin pour le parfumer.

Ensuite, je lui ai administré un traitement de choc en le faisant passer par les feux de l'Enfer. Oui, telle une diablesse, je l'ai longuement massé avec une huile pimentée toute rouge en terminant par un frotti-frotta au sel des îles relevé de piment, coriandre et gingembre.

Pour l'inspiration, je n'avais pas besoin de coach, juste ce cadeau qu'on m'a fait la semaine dernière :

Sel et Huile au piment

Passons aux légumes : des carottes coupées en rondelles épaisses et des pommes de terre primeur avec leur peau, en morceaux.

Carottes et pommes de terre sont brassées avec de l'huile d'olive parfumée d'estragon ciselé puis étalées dans la lèche-frite.

Zou, au four à 200°C et, par dessus, le demi-poulet sur la grille.

Le temps de cuisson ? Facile à retenir : une mi-temps de match de foot, soit 45 mn environ. Oui, la cuisine est comme le football, les durées sont toujours approximatives.

     Ciorane