La Cathédrale de Strasbourg m'a tuer
Gothique flamboyant ? Non, gothique foudroyant !
Bien sûr, j'avais déjà vu des images de la cathédrale de Strasbourg, dans des bouquins ou à la télé. Mais j'ai éprouvé un tel choc en la découvrant de mes propres yeux cet été que j'ai voulu le raconter pour savoir si d'autres avaient ressenti la même émotion.
Quand on marche vers le centre-ville de Strasbourg, on ne peut qu'admirer cette flèche immense qui domine les toits de ses 142 mètres. Et puis, au fur et à mesure qu'on s'approche, la cathédrale disparaît, cachée par les bâtiments des rues étroites. J'ai débouché sur le parvis par la petite rue du Maroquin. Là, juste passé le coin, je me suis trouvé quasiment nez à nez avec cette masse monumentale, à quelques dizaines de mètres à peine.
Cette photo m'exprime en rien la réalité de cette cathédrale. Parce que, je vous l'avoue, arrivée là, j'ai lentement levé les yeux, immobile et bouche bée, totalement subjuguée, presque assommée. Exactement ce que j'avais ressenti, enfant, en découvrant les peintures de Jérôme Bosch. Je pensais aussi à l'atmosphère pesante de certains films de science-fiction comme L'Armée des Douze Singes.
Pourtant, je n'apprécie guère d'habitude le gothique, trop orgueilleux et tape-à-l'oeil. Je lui préfère de loin l'art roman à la sobriété plus parlante à mes yeux (oui, je suis une visuelle qui écoute avec les yeux...). Des cathédrales gothiques, j'en ai certes vu dans ma longue vie mais aucune ne m'a fascinée de cette manière. Sans doute est-ce dû à la couleur rose-brun de ce grès des Vosges, rendu encore plus foncé par les averses qui mouillaient Strasbourg ce jour-là.
Ou au foisonnement des ornementations, des statues et autres découpes :
Et il est certain que ce parvis si étroit accentue la sensation d'écrasement :
Ce portail majestueux illustre superbement l'expression "dentelle de pierre" :
Ah, le merveilleux bestiaire fantastique du Moyen-Age !
En ce mois d'août, même sous la pluie, il y avait bien sûr foule devant cette cathédrale. Devant mais nullement sur le côté sud, totalement déserté. Juste deux ou trois badauds et un seul photographe. Pourtant, ce portail de style roman, le plus ancien de la cathédrale, est vraiment splendide. Et il repose de tout ce gothique écrasant...
A Strasbourg, il n'y a pas que la cathédrale à admirer. Les maisons à colombages, dites-vous ? Bof, question colombages, je préfère de loin les maisons basses de Normandie, plus rustiques, plus "Vieille France". Par contre, j'ai adoré tous ces toits où se perchent des alignements de petites fenêtres, ça fait très maison de poupée, je trouve :
Comme tous les touristes, j'ai terminé ma balade à Strasbourg sur les Ponts Couverts (découverts d'ailleurs depuis belle lurette !). Vous savez, là où tout le monde photographie les maisons à colombages au bord de l'eau avec leurs balconnières de géranium (zut, le correcteur orthographique ne connaît pas les balconnières, il me semblait pourtant que ce mot existait, ça fait mieux que jardinières de balcon, non ?), LA carte postale de Strasbourg.
Justement, je l'ai assez vue et j'ai donc fait 180° avec mon appareil car, de l'autre côté du pont, se dresse le barrage Vauban dont j'ignorais totalement l'existence auparavant. Moi qui ai plutôt l'habitude des forteresses et autres citadelles en briques rouges que Vauban a laissées un peu partout dans le Nord, je l'ai trouvé amusant, ce barrage.
Evidemment, il est tout en pierre de l'autre côté, face au courant. Cette façade percée de fenêtres est plutôt insolite et ça change des gros barrages hydrauliques en béton de l'ère moderne. Normalement, on peut y entrer mais, hélas, les portes étaient fermées pour cause de travaux.
Un dernier détail : à Strasbourg, ils savaient que Ciorane la pauvresse allait passer un jour. Ils ont donc prévu une porte rien que pour moi ! La Porte Economique !














